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UN PEU D’HISTOIRE SUR LES COMMERÇANTS ET ARTISANS



La réouverture de l’épicerie café en 2007, celle du restaurant en 2008, redonnent de la vie au centre bourg. Mais bien loin est le temps où les villageois faisaient toutes leurs courses au bourg de Villeherviers !

Ce petit article n’a pas la prétention de faire la liste complète des commerçants et artisans du village mais seulement de perpétuer le souvenir de quelques familles de la première moitié du XXème siècle.

En 1901, selon les listes nominatives du recensement, il y avait deux épiciers (Joseph Lombard et Aristide Veignault), deux cafetiers (Louis Jourdain et Jean Baptiste Mabilleau), un boulanger (Louis Deville-Chabrolle), deux maréchaux-ferrants (Ferdinand et Pierre Brossard, Alexis Hubert), un sabotier (Octave Dumaine) et un maçon (Benjamin Sudron). C’était l’époque où l’on trouvait de tout dans les petites boutiques, bien souvent dépourvues de vitrines.

Alexis Veignault cède son épicerie, débit de tabacs et de vins à Madame Thomas en 1938. Louis Chesneau reprend l’affaire en 1949. La seconde épicerie, mercerie et saboterie ferme en 1928 quand Raoul Dumaine cesse son activité.

En 1920, le second café est tenu par Georges Gabourin qui est aussi bourrelier et sabotier. Il cède son café à André Hubert en 1930 qui prend pour enseigne « Au rendez-vous des cyclistes ».

Marcel Dinet reprend l’activité de bourrellerie, sellerie, matelasserie et fabrication de sabots en 1931. Il cède à Julien Monjoin en 1947 mais, faute de clientèle, ce dernier ferme à la fin de l’année 1951. Pendant la seconde guerre mondiale, Raphaël Goueffon a vendu des sabots et des pantoufles.

La boulangerie de Louis Deville-Chabrolle, qui fait aussi débit de boissons, va souvent changer de mains : René Ayral en 1933, Pierre Huard en 1945, Robert Blondeau en 1945, Maurice Tessier en 1947, Gérard Hénault en 1950, Jean Pinault en 1955, Detais en 1960.

En 1934, un charcutier ouvre boutique : Louis Quillerier. En 1946, Daniel Richard s’installe boucher et charcutier, il fait des tournées dans la campagne et est même expéditeur de volailles.

La maréchalerie reste dans la famille Brossard, Gaston succède à Ferdinand et Pierre. Alexis Hubert cède son atelier de maréchalerie serrurerie à Robert Berton en 1936. Ce dernier se reconvertit dans la mécanique pour cycles en 1946, jusqu’à sa cessation d’activité en 1951.

La maçonnerie, c’est l’affaire de la famille Sudron : Edouard succède à Benjamin. En 1945, il passe l’entreprise à Philippe.

L’atelier de charron de Emile Durand disparaît entre les deux guerres. Albert Salmon crée son entreprise de battage en 1937. Constant Mary débute ses bals parquets forains en 1933.

Une fabrique d’accumulateurs électriques est fondée le 1er juin 1928 par Alexandre Thuillier et deux associés dans l’ancien moulin des Tourneux. Ils quittent Villeherviers pour Romorantin en 1933.

En recopiant les registres paroissiaux, nous sommes surpris de voir qu’avant la Révolution et dès le milieu du XVIIème siècle, il y avait au moins deux tailleurs d’habits et deux tessiers (ou texiers) en toile dans le bourg qui tissaient le chanvre récolté dans tous les jardins du village. Il y avait déjà un cabaretier, un sabotier, un ou deux charrons et la dynastie des Auger, maréchaux de père en fils pendant plus d’un siècle. A cette époque, trois moulins à blé produisaient de la farine (Moulin Neuf, Baltan et les Tourneux) : les meuniers et fariniers étaient en famille avec ceux de Romorantin. Quand il n’y avait pas encore de pont sur la Sauldre, un batelier assurait le passage de la rivière.

Cette brève rétrospective a pu être faite grâce à la consultation des registres du greffe du tribunal de commerce de Romorantin, consultables aux Archives départementales de Loir-et-Cher pour la période de 1920 à 1958.

Hélène Leclert, présidente de la S.A.H.A.S